Heureux qui comme Prince…
Prince n'était pas souverain destiné à régner bien longtemps. Ce chaton adopté n'aura vécu que trois ans. Pas assez pour régner sur le monde, mais assez pour régner sur le cœur de sa propriétaire qui jamais n'oublia son passage. Aujourd'hui, l'association « Heureux comme un Prince » honore sa mémoire, donnant une nouvelle chance aux chats qui en ont eu le moins.
Prince a débarqué dans la vie d'Angélica au détour d'une petite annonce. « Dans une ferme, il y avait plusieurs chatons à adopter. Ils étaient maigres et affamés. J'ai choisi le plus mal en point et je l'ai bien soigné. Mais au bout d'un an, il a commencé à avoir des problèmes de santé. A cette période, je considérais Prince comme la chose la plus importante dans ma vie… C'est pour lui rendre hommage que j'ai créé l'association qui porte son nom ». L'association a donc vu le jour en mars 2007. Juste comme ça, pour l'amour d'un chat. Angélica n'était pourtant pas destinée à venir en aide aux animaux. Poursuivant des études juridiques, ce n'est qu'après l'adoption de Prince qu'elle s'oriente vers le métier d'auxiliaire vétérinaire. Une sensibilité accrue pour la souffrance animale et la volonté de la combattre ont fait le reste. Les chats des rues ne s'en plaindront pas. « Trop d'abandons, de maîtres irresponsables, de solitude jettent ces pauvres bêtes dans un environnement hostile et dangereux, où la maladie, la famine, la mort les guettent ». Il s'agit de leur porter secours avant qu'ils n'affrontent le pire, avec un objectif : « ne s'occuper que d'un ou deux chats à la fois pour placer peu, mais bien ».
Au secours des chats des rues
« Heureux comme un Prince » recueille et soigne des chats errants, abandonnés et livrés à eux-mêmes, leur prodiguant tous les soins nécessaires : déparasitage externe, vermifuge, tatouage, primo vaccination. « Nous pratiquons deux injections à trois semaines d'intervalles contre le typhus, le coryza et la leucose. Quant aux tests de dépistage, nous réalisons le FIV mais aussi la PIF. De grosses dépenses de santé pourraient être évitées si toutes les associations faisaient la même chose ». Il faut ensuite chercher des adoptants pour placer les chats les plus sociables. Le premier candidat à l'adoption, européen noir de trois mois, s'appelle Caliméro. « C'est un client de la clinique qui l'a trouvé dans son grenier, raconte Angélica. Il était bourré de gale et de poux. On a soigné tout ça puis on a fait les tests et on l'a tatoué. Pour le moment, il vit à la maison, ce qui permet de voir son caractère et de lui présenter d'autres animaux, dont mon chien, un épagneul qui adore les chats ! Cela le socialise et l'aidera à s'intégrer dans sa future famille ».Pour l'adoption, montrer patte blanche…
Les adoptants qui contactent l'association sont sélectionnés et questionnés, « pour mieux comprendre leurs motivations, savoir s'ils sont prêts à s'engager, à accepter les dépenses liées aux soins ». Après un premier contact téléphonique, une rencontre est organisée. Si tout se passe bien, l'adoptant repart avec son nouveau compagnon moyennant un don de 100 euros destinés à couvrir les frais de vaccination et de castration. Un contrat est signé afin de veiller au bien-être de l'animal : « l'adoptant ne devient propriétaire légal qu'après une période probatoire, explique Angélica. En cas d'incompatibilité, l'association peut récupérer l'animal et le placer dans une autre famille. J'aimerais que tous les chats du monde soient aussi heureux que Prince l'a été durant sa courte vie »… Avec un tel engagement, Caliméro deviendra sans nul doute un grand optimiste, car la vie n'est pas toujours injuste ! Gageons que ceux qui suivront, matous des rues qui auront la chance d'approcher l'âme de Prince, vivront heureux aussi, comme lui…C'est pour son bien !
L'identification par le tatouage ou la puce électronique est obligatoire pour tous les chats, qu'ils soient vendus ou simplement donnés. L'un des enjeux de l'association est de faire prendre conscience aux propriétaires qu'ils doivent respecter la réglementation et faire identifier leur animal. Car le tatouage ne doit pas être réservé aux chiens. On pense souvent que cette opération est inutile pour le chat, plus indépendant. Or c'est tout le contraire ! Son indépendance peut le conduire loin de chez vous ; il peut se perdre et ne pas retrouver son chemin. Seul son tatouage permettra de l'identifier et de localiser son maître. Pour le bien du chat, il est donc interdit de le vendre ou de le donner sans l'avoir fait tatouer – même s'il s'agit d'un chaton.« Heureux comme un Prince »
29, rue des Chèvrefeuilles
62152 Hardelot-Plage
Tel : 03.21.83.13.81
Email : heureuxcomme1prince@orange.fr
Article paru dans le magazine Santé Pratique Animaux, rubrique « Leur quotidien ».