Une faim…de chat !
On dit parfois que le chat « mange avec son nez ». L'odorat joue un rôle prépondérant dans les coutumes alimentaires félines. La sensibilité olfactive du chat permet de mieux comprendre sa façon de s'alimenter.
Le chat n'est pas toujours un animal facile à comprendre, même quand il mange ! Ainsi, même affamé, il peut ne porter aucun intérêt à un aliment s'il le considère indigne d'être avalé. C'est en se servant de son nez qu'il va choisir de toucher ou non à un mets. La finesse de son odorat le guide dans ses choix, grâce à une muqueuse olfactive six fois plus développée que celle de l'homme. Cette sensibilité exacerbée aux odeurs le rend très sélectif et méfiant. Il refuse obstinément toute nourriture dont l'odeur ne lui convient pas. L'odeur, les arômes sont pour lui un véritable repère dont il se sert pour orienter ses choix. La texture de l'aliment peut aussi influencer sa décision. Sa langue est parsemée des pailles qui lui confèrent une grande sensibilité tactile. Quant au goût, il intervient peu dans ses préférences alimentaires. Le chat ne possède en effet qu'une faible sensibilité aux saveurs sucrées et salées, avec seulement 473 bourgeons gustatifs contre 9 000 chez l'homme.
Du goût et des odeurs
Bien nourrir son chat implique non seulement de connaître sa physiologie et la prépondérance de son odorat, mais aussi de comprendre les spécificités de son comportement alimentaire. A la campagne, les chats se nourrissent de nombreuses petites proies (oiseaux, rongeurs, lézards ou insectes) chassées le plus souvent de nuit. En appartement, ils reproduisent ce comportement naturel en prenant plusieurs repas répartis tout au long de la journée. Chaque chat a ses habitudes alimentaires. Certains animaux mangent le jour, d'autres la nuit, mais tous font plusieurs repas par jour, souvent plus de dix, se contentant de petites quantités de nourriture. De la même manière, le chat boit de petites quantités d'eau tout au long de la journée.A chacun son histoire
Si le choix des aliments est largement déterminé par la physiologie, il peut également être influencé par l'histoire personnelle du chat et son environnement. Ainsi, un chat se souviendra par exemple de ses expériences alimentaires passées. Il gardera en mémoire certaines odeurs qu'il associera à une sensation agréable ou déplaisante. De mauvaises expériences vécues peuvent expliquer son aversion pour certains aliments. Le chat peut montrer une préférence naturelle pour un mets que sa mère a consommé pendant la gestation ou qu'il a découvert au moment du sevrage. De nombreux facteurs extérieurs peuvent aussi influencer ses préférences : la température de l'aliment, le taux d'humidité, le taux de matière grasse…Pourquoi il ne mange pas ? Les pathologies de l'odorat
Toute modification de l'appétit peut être le signe d'un problème de santé. Les maladies du flair sont essentiellement virales. Ainsi, le coryza est parfois à l'origine d'une perte d'appétit. Ayant le nez bouché, le chat refuse de manger ce dont il ne peut sentir le parfum. D'autres pathologies peuvent perturber le comportement alimentaire. Ce sont les troubles de l'odorat ou « dysosmies ». Ces troubles peuvent être congénitaux (une déformation de la cavité nasale détectée dès les premiers jours du chaton) ou associés à une cause extérieure, comme une fracture des cavités nasales, une rhinite ou une sinusite. Un chat qui vieillit peut perdre une partie de l'acuité olfactive qui s'émousse avec l'âge. Certains médicaments peuvent aussi gêner l'odorat. Enfin, la muqueuse olfactive est très sensible à la pollution qui réduit sa sensibilité.Une affaire de goût !
Le chat est un carnivore strict. Comme un grand nombre de félins sauvages, ses besoins en protéines sont plus élevés que ceux du chien ou de l'homme, ce qui a peu à peu déterminé ses goûts. Ses capacités gustatives pour le sucré sont limitées, et il est particulièrement sensible à certains nucléotides et acides.L'art de « grignoter »
Les chats sont des adeptes du « grignotage ». Ils peuvent prendre jusqu'à vingt repas par jour ! Ce comportement remonte à leurs origines de prédateurs carnivores qui chassent de nombreuses petites proies sans attendre d'avoir faim. Pour satisfaire ce comportement de grignotage, laissez la ration journalière à disposition.QUIZZ VETERINAIRE
Pourquoi le chat préfère certains aliments à d'autres ?Les préférences alimentaires sont étroitement dépendantes de l'odorat. Le goût est un élément déterminant vers la troisième semaine, lors du début du sevrage et des futurs choix alimentaires. L'éducation gustative du chaton, entre 2 et 6 mois, doit être variée afin d'éviter toute fixation sur un seul aliment.
Un chat peut-il trop manger ?
Bien que nos chats régulent en général leur alimentation, 6 à 12% d'entre eux sont diagnostiqués obèses ! L'obésité touche surtout les chats stérilisés. Il faut réguler l'alimentation de votre compagnon pour éviter des conséquences sur sa santé. Pour les chats gloutons, choisissez des croquettes pauvres en calories.
Comment, à l'inverse, stimuler l'appétit d'un chat qui mange peu ?
Pour stimuler l'appétit de votre chat, rien de tel que de réveiller l'instinct du chasseur ! Cachez sa nourriture afin d'aiguiser son envie de la trouver, et changez régulièrement de « cachette » pour qu'il soit obligé de faire travailler son nez…
Article paru dans le magazine Truffaut.