Julie Delfour

Écrivain et illustratice

Le chien en extérieur




Nos chiens domestiques, qui descendent du loup, sont des animaux adaptés à la vie en extérieur. Ils ont hérité de leurs ancêtres sauvages une grande capacité d'adaptation à tous les milieux, même les plus hostiles.



Nos ancêtres les chiens…

Loups, chacals et coyotes ont de tous temps vécu à l'air libre. Bien que domestiqués depuis des siècles, leurs descendants les chiens peuvent encore tout à fait se débrouiller par leurs propres moyens.
D'ailleurs, les premières fonctions données aux chiens par l'homme ont été des fonctions utilitaires, toutes remplies en extérieur. Auxiliaires du berger, les chiens de troupeaux ne savent pas à quoi ressemble un lit, un couffin douillet ou une moquette. Ils vivent dehors toute l'année, et lorsqu'ils sont admis à entrer dans la maison, ce n'est le plus souvent que pour de courtes périodes de repos, s'il y a de l'orage ou s'ils sont malades. Les chiens de protection ou « patous » doivent impérativement rester dehors, au milieu du troupeau, et ne jamais franchir le seuil de la maison de ses maîtres. Cela fait partie de leur éducation, et garantit leur attachement aux bêtes qu'ils doivent protéger des prédateurs. D'autres chiens étaient gardiens de ferme, et devaient bien sûr vivre dehors afin de remplir leur rôle : surveiller la maison et signaler en aboyant la présence d'intrus. D'autres encore étaient attelés à des chariots pour le transport du lait.


Vie des chiens en extérieur

De nos jours, de nombreux chiens sont encore très indépendants de l'homme. En Italie, 10% des chiens errants vivent en totale liberté, sans attaches humaines.
Il y a les chiens vivant dans les villages. Ils appartiennent à des propriétaires mais sont laissés très libres et recherchent souvent eux-mêmes leur nourriture. Ils n'ont de contacts qu'avec les gens qui leur donnent à manger et ne retournent qu'occasionnellement chez eux. Ces chiens se déplacent en solitaire ou entrent dans des groupes sociaux ayant leurs propres territoires, qu'ils défendent contre les intrus.
Il y a également les chiens de campagne, encore plus éloignés des hommes et de tout contacts avec eux. Leur mode de vie sociale diffère de celui des chiens de village. Ils se déplacent en groupes stables plutôt qu'en solitaire. Mais eux aussi défendent un territoire. Contrairement aux canidés sauvages (loups, coyotes, chacals), les accouplements ne sont pas exclusifs : toutes les femelles peuvent avoir des chiots. Un des mâles du groupe joue le rôle de chef en cas d'agression ou d'attaques.
Tous ces chiens ont des comportements proches de ceux du loup, puisqu'ils retrouvent, en vivant en liberté à l'extérieur, certains de leurs instincts primitifs.


Quand le chien vit sous notre toit

Aujourd'hui, la fonction attribuée au chien n'est plus la même. Avant, on le voulait utile, et on l'appréciait pour les services rendus. A présent, on lui demande souvent simplement de tenir compagnie à ses maîtres. Les nouvelles conditions de vie et les nouveaux besoins de nos sociétés urbaines nous font de plus en plus intégrer notre chien à la vie familiale. L'animal établit dès lors des relations privilégiées avec ses maîtres humains. Il peut les suivre presque partout, s'adapte facilement à toutes les situations et est doté d'une grande sensibilité qui le rapproche encore de l'homme.
Mais ces nouvelles habitudes ne gomment pas toujours les instincts du chien, et la vie sous un toit peut alors poser plusieurs problèmes. Les maîtres se plaignent de l'agressivité de leur animal, de ses aboiements, de son manque d'obéissance ou de toutes ces « bêtises » qui rendent infernal leur quotidien. Le chien peut également se mettre à fuguer (nous en parlerons prochainement) pendant plusieurs jours avant de rentrer chez lui.

Un problème fréquemment soulevé est celui de la propreté.
Quand le chien vit à l'extérieur, sa niche, ou l'endroit que son maître lui a aménagé pour dormir, devient sa tanière. Comme le faisaient avant lui ses ancêtres les loups, il la tiendra naturellement propre en allant faire ses besoins le plus loin possible, et ce dès sa troisième semaine de vie. Il s'agit d'un comportement inné chez le canidé sauvage en milieu naturel.
Le processus naturel d'apprentissage de la propreté peut être un peu plus compliqué si le chiot est par exemple élevé dans une pièce de votre maison ou de votre appartement. Il pourra alors considérer, s'il vit dans la cuisine, qu'il est dehors quand il est dans le salon, et se soulager sans hésiter sur les coussins du canapé… Ce qui n'est dans ce cas pas un trouble du comportement mais l'application logique d'aptitudes innées ! Si cela se produit, vous ne devez surtout pas le punir lorsque vous découvrez avec horreur le résultat d'une logique qui vous rend furieux. L'animal ne fait pas le lien entre ce qu'il a fait et votre colère, et n'y comprendra rien. Oubliez un moment les coussins et emmenez-le plus régulièrement en promenade. Mieux vaut prévenir que guérir. Félicitez-le dès qu'il urinera dans la rue. Ainsi il apprendra à respecter vos coussins.



Paru dans le magazine Chiens 2000, rubrique « Comportement ».


 
 

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