Entre chiens : guide des affinités canines
La plupart des relations qu'entretiennent nos chiens sont bâties sur des rapports hiérarchiques solidement définis, et ce dès les premiers jours de la vie. Chiens adultes et chiots, mâles et femelles, apprennent ainsi à vivre ensemble, à s'aimer ou simplement à se tolérer dans le meilleur des mondes canins possible...
Entre chiots
Entre chiots, la position hiérarchique de chacun se définit dès les premiers mois. Plus forts et souvent plus agressifs, les mâles dominent généralement les femelles, et les mâles les plus gros ont tendance à dominer l'ensemble de la fratrie.Les stratégies combattives diffèrent selon le sexe des chiots. En effet, tandis que les mâles lanceront un affrontement, les femelles préfèreront jouer en quelque sorte la diplomatie en se contentant d'une simulation de combat, par des grognements, des menaces et des tentatives d'intimidation.
Chez les animaux sauvages, seuls les plus forts survivent et peuvent atteindre la mamelle nourricière. Ce sont eux qui vont naturellement prendre les initiatives lors des moments clefs de leur développement. Les autres chiots les suivront et les apprendront par imitation.
Les jeux entre chiots sont les prémices des rapports hiérarchiques. Le plus agressif de la portée attaque et tente de prendre le dessus, de dominer physiquement ses congénères. Ainsi, un ordre se profile dès les premières semaines de vie.
Entre adultes
Une fois la hiérarchie instaurée entre dominants et dominés, les chiens adultes ont recours à différentes stratégies afin d'éviter les combats. L'intimidation tout d'abord, qui vise à éviter l'attaque. Les chiens aboient, grognent, simulent une attaque. L'apaisement ensuite, utilisé par le plus faible ou le dominé qui adopte une attitude soumise, tête inclinée, démarche ralentie, qui n'est pas sans évoquer parfois celle d'un chiot. Le chiot désarme en effet l'agressivité d'un chien adulte normalement équilibré. La « règle » de la possession peut enfin être privilégiée. Dans ce cas, le chien qui possède en premier un bien le conservera la plupart du temps, même face à un individu de statut plus élevé que lui dans la hiérarchie.Ces stratégies différentes ont une même origine, héritée des loups : l'instinct de conservation. C'est lui qui va dicter à l'animal une conduite apaisante, quand un combat déclaré risquerait d'occasionner une blessure et de menacer la survie. Si malgré tout le combat a lieu, ce sera après l'échec des avertissements et des tentatives de conciliation. Il marquera la victoire de l'un et la soumission de l'autre, dans un vacarme souvent impressionnant mais finalement peu d'atteintes physiques graves.
Entre adultes et chiots
Bien que les relations entre chiens domestiques présentent des similitudes avec celles observées chez les loups, la domestication a cependant marqué des divergences. En effet, nos chiens domestiques sont devenus beaucoup moins autonomes que leurs cousins sauvages. Cette dépendance à l'homme modifie les liens sociaux et infantilise les individus. Ainsi, une mère, dans ses comportements, peut être comme un chiot qui élève des chiots… Attachée à son maître dont elle est en quelque sorte restée le chiot, elle peut perdre l'instinct maternel de la louve, voire se montrer jalouse de l'amour que son maître témoigne à ses chiots…Le père infantilisé de désintéressera quant à lui de la portée et n'inculquera pas aux chiots l'éducation, prépondérante, dispensée par la meute des loups.
Par ailleurs, le chiot jouit d'une relative sécurité et de la protection des adultes. Trop faible, il n'est pas encore considéré comme une menace ou un concurrent hiérarchique. Ses attitudes incitent aux jeux et à la tendresse. Elles inhibent le comportement agressif, sauf exception dans certains cas pathologiques où l'adulte, insuffisamment socialisé, peut s'en prendre au chiot, parce qu'il est malade ou simplement parce que son maître l'aura conditionné à l'agressivité…
Article paru dans le magazine Chiens 2000, rubrique « Comportement ».